jeudi 5 avril 2012

L'interview: Jessy Moulin (Partie 1) !

Jessy lors de sa présentation à Clermont !

Après Livio Nabab il y a 15 jours, voici l'interview de Jessy Moulin. L'ex doublure de Jérémie Janot à l'AS Saint-Etienne est actuellement prêté à Clermont. Entretien ...


Salut Jessy, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Bonjour, je m'appelle Jessy Moulin, j'ai 26 ans. Je mesure 1m85 pour 85 kilos. Je suis footballeur, formé à l'AS Saint-Etienne et actuellement prêté au Clermont Foot. Je suis fiancé et papa d'une petite fille.


Tu es arrivé très tôt à l'ASSE, à l'âge de 13 ans, avant de signer ton premier contrat professionnel en 2006. Racontes-nous ta formation ?

Je suis effectivement arrivé très tôt au centre de formation de l'AS Saint-Etienne à l'âge de 13 ans. Ce fut très difficile de sortir du cocon familial auquel je suis très attaché, encore aujourd'hui. 
La première année, j'ai eu un coach exceptionnel nommé Nicolas Dyon, désormais préparateur physique à Rennes. Beaucoup de souvenirs avec ce coach qui venait me chercher à la gare les débuts de semaine et avec qui je parlais beaucoup et qui m'a énormément aidé à appréhender le fait d'être loin de sa famille. Ce fut donc une première année très riche humainement et sportivement puisque pour ma part, c'était ma première saison à haut niveau. Nous avons remporté plusieurs tournois internationaux dont le tournoi du camp des loges à Paris et très bien terminé en championnat. 
Ensuite, c'est long et court à la fois. J'ai connu pas mal de coachs dont je garde des souvenirs exceptionnels comme avec Gilles Rodriquez qui est un coach et un monsieur exceptionnel, totalement à l'écoute de ses joueurs et très soucieux de la réussite de ceux-ci. 
En réalité, je me rend compte que c'est en parlant de ma formation à travers cette interview que je pense plus à des personnes qui m'ont marqué, qui m'ont aidé, que j'ai apprécié plutôt qu'à certains matchs ou certaines séances d'entrainement.
Il y a également une autre personne à qui je pense et qui m'a énormément aidé et avec qui j'ai encore beaucoup de contacts pour parler et échanger, c'est Gilbert Ceccarelli. Un homme au grand coeur derrière une apparence d'un homme fermé et froid. Je me rappelle avoir eu peur de lui lors de mes premières séances d'entrainement en 13 ans mais au fil des années, je pense avoir tissé de gros liens d'amitié et de respect avec "Gilb'". Sans oublier le directeur du centre de formation de mon époque: Monsieur George Aubert.
Ensuite, ma formation se résume à quelques moments difficiles avec des blessures, notamment une fracture du scafoïde gauche synonyme de saison quasi blanche ainsi qu'une fracture de la main droite.
Enfin, elle se résume également à de très grands souvenirs inoubliables avec les copains ... Bref, que de souvenirs !

Jessy sous le maillot vert !

J'imagine que pendant cette période, tu as du nouer des amitiés avec certains joueurs non ?

Effectivement, j'ai noué de gros liens avec certains mais malheureusement, le football est un sport où l'on est quasiment sur de se séparer et d'avoir des chemins différents. Ça a été un déchirement de se séparer avec certains comme Akim Orinel, Anthony Losilla et Alexandre Barthe entres autres.

Qu'est-ce que la signature de ton premier contrat professionnel a t-elle changée pour toi ?

Pour être franc, pas grand chose hormis le fait d'être professionnel et d'accomplir l'un de mes rêves. On se rend vite compte que ça ne change rien à l'investissement qu'il faut mettre pour continuer à évoluer, à progresser. J'ai juste mis les bouchées doubles car la signature de mon contrat ne m'assurait pas de jouer un jour en pro.

Justement, après cette signature, tu as très peu joué avec l'AS Saint-Etienne. Comment l'expliques-tu ?

Je l'explique par le fait qu'en tant que gardien de but, c'est assez compliqué. Et puis, il y a le fait que quand tu n'es pas au niveau, tu ne joues pas, tout simplement. C'est pour ça qu'il a fallu travailler dur et surtout mûrir parce qu'à ce poste, c'est très important.

Afin d'avoir plus de temps de jeu, tu as été prêté à Arles en 2008/09 puis Fréjus en 2009/10. Comment as-tu vécu ces deux expériences ?

A Arles, c'était mon premier départ et en plus, j'étais en fin de contrat avec l'ASSE en fin de saison. Ça a été très très dur. Ma femme était enceinte, l'AC Arles était le plus petit budget de National et presque relégable. C'était vraiment très dur pour moi, pour ma femme, pour ma famille mais à l'arrivée, avec la montée et la naissance de ma petite fille, cette saison a été la plus heureuse de ma "petite" carrière.
Une montée, que ce soit en Ligue 1, en Ligue 2 ou en n'importe quelle division est magnifique à vivre. C'était géniale et inoubliable. On avait un groupe sensationnel est des coéquipiers au top.
J'ai découvert le monde amateur qui est totalement différent. Là où il y a moins d'argent, il y a plus de solidarité. Le meilleur souvenir que j'ai, c'est celui d'un équipe de copains avec laquelle on pouvait aller à la guerre chaque week-end.
A Fréjus, ce n'était pas pareil puisque je venais de resigner un contrat de 3 ans avec l'ASSE. Il y avait moins de pression à partir jouer à un niveau inférieur même si cela ne m'a pas empêché de bien bosser et de prendre encore de l'expérience.
De beaux souvenirs et beaucoup d'enseignements tirés de ces deux prêts sans lesquels, je pense, je ne serais plus sous contrat avec l'ASSE.

Sortie aérienne de Jessy sous les couleurs de l'AC Arles !

La saison dernière, tu fut la doublure de Jérémie Janot et tu as même eu la chance de jouer les trois derniers matchs de la saison suite à la blessure de Janot. Un grand moment j'imagine non ?

La saison dernière a été un apprentissage car c'était la première fois dans ma "petite" carrière que j'étais doublure, mais bon c'était derrière Jérémie Janot, qui plus est en Ligue 1 et à l'ASSE, mon club formateur auquel j'avais penser, voir même rêver pendant mes deux années de prêt.
J'ai travaillé sans concession que ce soit sur le terrain, en salle ou même à la maison avec la récupération ... C'est pour cela que je pense et que je me dis que si j'ai joué les trois derniers matchs, c'est "grâce" à la blessure de Jérémie Janot mais je pense aussi que c'est surtout grâce à mon travail fourni et mon investissement durant toutes ces années et ce fut d'autant plus magique de rentrer à Geoffroy-Guichard devant ce public. J'en rêvais au centre de formation.
Quand le stade a scandé mon nom, j'ai eu une énorme montée d'adrénaline. Ce fut très intense, un souvenir inoubliable et un moment que je me remémore très très souvent, peut-être trop même (rires).

Merci à Jessy pour son immense gentillesse et sa disponibilité. La seconde partie de l'interview sera publié jeudi prochain. En attendant, on souhaite à Jessy et à Clermont le meilleur pour la suite de la saison.

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